Qui sommes nous ?

Depuis 2008, nous sommes rentrés dans une crise du capitalisme d’une ampleur comparable à la crise de 1929. Si une série de phénomènes déjà bien présents : endettement massif, pauvreté, chômage, etc, s’accélèrent, la perspective de changements importants et rapides de notre mode de vie s’ouvrent dans une mesure qu’il est encore difficile d’estimer. Une chose est sûre : comme le récitaient en cœur les médias britanniques durant les émeutes de l’été 2011, le business doit continuer. Si la crise de 1929 a conduit à la plus grande guerre de l’histoire, une autre guerre est maintenant au programme de la relance : la guerre contre le prolétariat. Définit en fonction de sa place dans le système productif, le prolétariat forme une catégorie sociale contrainte de vendre sa force de travail pour survivre. Seule la révolution peut permettre au prolétariat, atomisé et divisé sous le capitalisme, d’agir en tant que classe. Comme disait Marx, il est révolutionnaire ou il n’est rien. C’est dans une attaque mondiale sans précédent contre les prolos, que le capitalisme peut sortir de la crise. Pour ce faire, il doit réduire drastiquement le coût du travail. C’est ce que nous pouvons déjà voir en Grèce et qui tend à se généraliser à d’autres pays. Le champ des possibles se réduit de plus en plus : c’est le capitalisme ou nous.

En Europe comme aux États-Unis, la ritournelle est la même, celle de la rigueur, des sacrifices et de l’austérité. Ailleurs, la surexploitation connaît désormais ses limites : crise alimentaire, crise du logement,…  Face à cette perspective, le prolétariat ne reste pas inerte.

Les révolutions qui ont commencé au printemps 2011 ou encore la colère des grecs sont un début de réponse.

Une autre réponse pour une partie des prolos, qui peut devenir importante, consiste à s’indigner, à réclamer un capitalisme alternatif où les banques seraient toujours des marchandes de pognon, mais publiques, où les salariés seraient toujours exploités par les patrons, mais dans la dignité, etc. : le tout sous l’égide d’un État social (socialiste pour les plus énervés) et bienveillant.

Nous partageons avec les représentants de ce courant, qu’à défaut nous appellerons démocratistes (et qui rassemble aussi bien des  réformistes radicaux que des groupes se réclamant révolutionnaires), la conviction que le prolétariat doit lutter et résister aux politiques d’austérité. Mais nous ne voulons en aucun cas fournir de plans de gestion de crise, d’urgence, ou tenter de gérer le capital. Le bateau coule, et nous n’entendons ni colmater les brèches, ni gratter une place dans les canots de sauvetage réservés aux classes dominantes : nous comptons toucher terre.

Bien sûr, nous ne pensons pas que le capitalisme se laissera vaincre sans rien dire. C’est dans cette mesure que nous pouvons nous qualifier de révolutionnaires : aucune réforme, aucun moyen légal, ne supprimera ce qui est inscrit dans le code génétique du capitalisme : l’exploitation.

Dans cette période de crise la seule solution pour le prolétariat est de détruire le système actuel : le capitalisme. Nous refusons de lutter pour l’établissement d’une quelconque période de transition qui équivaudrait à gérer différemment le capital (État prolétarien, autogestion généralisée, etc.). Dans l’affrontement entre le prolétariat et le capital, nous préconisons l’asphyxie de l’adversaire et laissons les capitalistes faire joujou avec leur monnaie et leur or devenus inutiles si la société ne leur donne plus de sens. Toutefois, nous sommes loin de préconiser l’immobilisme, nous tentons d’établir une stratégie conduisant au communisme, c’est à dire à l’abolition de la propriété privée, du salariat, de l’État et de la valeur. Abolir le salaire, c’est supprimer la laisse qui nous tient aux capitalistes. C’est sur les cendres du capitalisme que nous construirons une société dans laquelle nous déciderons de produire selon nos besoins définis collectivement.

Enfin, nous partons du constat suivant : trop souvent, au sein du courant communiste auquel nous nous rattachons, que l’on appelle par ailleurs libertaire, communisateur, anarcho-communiste ou autre, les analyses politiques, économiques, sont compliqués, longues et parfois inaccessibles.

Organisés en collectif, nous tentons de proposer des analyses abordables et espérons de cette manière réunir de nombreuses personnes autour de discussions, débats et réflexions. Le fond de notre message est  assez simple : on peut dire ce que l’on veut, mais tant qu’il y aura de l’argent, il n’y en aura pas pour tout le monde !

16 comments

  1. Il y a beaucoup de points communs entre nous . Venant de la mouvance communiste de conseils et communiste-libertaire , mes réflexions actuelles s’ inspirent actuellement beaucoup de Mondialisme ( et en particulier Echanges et Mouvement ) et l’ ultra-gauche allemande issue de feu le groupe Krisis ( Robert Kurz , Anselm Jappe etc… ) . Merci aussi de résister à l’ idéologie dominante . Je vous invite à me retrouver sur mon blog : rebellons-nous sur overblog.com . Fraternellement . MP

  2. Bonjour,
    Je suis en train de lire votre site, trouvé par hasard en m’intéressant à la présidentielle, je le trouve d’une belle initiative, et efficace, j’ai débroussaillé plusieurs notions râbachées par les médias et pris conscience de plusieurs choses qui n’étaient que des états de fait pour moi dans la société.
    Par contre, la même question revient: ok, la révolution ou rien ne déboulonnera le système actuel, mais après, que proposer?
    Le site ne se concentre (peut-être pour l’instant) que sur la critique du systeme capitaliste. Le communisme n’est pas une idée nouvelle, vous citez Rosa Luxemburg, des organisations alternatives de la société ont déjà été essayées. Pourquoi ne pas les analyser? ou créer une section avec les points clés à la base d’une nouvelle société? ou des liens vers d’autres sites qui le font?
    Si vous pouvez m’indiquez un autre site web qui fait actuellement cette analyse, je suis preneur aussi (le programme du front de gauche?), merci 🙂

  3. Il est écrit : »[…] nous tentons d’établir une stratégie conduisant au communisme, c’est à dire à l’abolition de la propriété privée, du salariat, de l’État et de la valeur. […] » Mais la stratégie n’est pas explicitée.

    A la lecture vous paraissez être des Marxistes (-iens) de part votre analyse économique. Vous n’êtes pas Léninistes puisque vous refusez le socialisme, et vous vous dites rattachez à des courrants uniquement libertaires.

    Vous citez par ailleurs souvent la revue SIC dans lequel de nombreuses phrases detournent la pensée de Marx:
    « […] Et tout ce qu’on perd est une perte également. Cet état de fait paraît définitivement acquis, et ce serait un tort de croire qu’il faudrait d’abord rétablir l’unité du prolétariat, avant la lutte, pour obtenir une action efficace de celui-ci. » […].
    Sans parler du fait que LA lutte (qui ressemble étrangement à la théorie du grand soir issue du socialisme utopique et de son origine chrétienne : l’apocalypse), n’est pas UNE lutte, un soir d’effondrement du capitalisme, mais DES luttes permanentes issue de l’antagonisme capital/travail. Sans parlez du « Prolétaires du monde entiers UNISSEZ vous »… je préfère répondre à ce qui est inscris plus loin:
    « […]La « conscience de classe » n’est pas une donnée qui pourrait être recréée par la propagande politique, car elle n’a jamais existé que relativement à un état spécifique du rapport social capitaliste.  »

    Ma lecture de MARX : Les termes « classe ouvrière » et « prolétariat » expriment les 2 phases constitutives de la lutte des classes: l’exploitation des ouvriers par les capitalistes et les luttes collectives engagées par la classe agissante, le prolétariat. La classe ouvrière se constitue en classe par son action. Ces hommes et ces femmes sont exploités, ils sont une classe « en soi ». A partir du moment où ils réagissent contre cette exploitation, ils se constituent en classe « pour soi » c’est à dire une classe qui prend conscience, qui s’organise, qui agit.

    Il se trahi dans votre analyse un regard individualiste du concept de la classe, comme un sentiment subjectif d’appartenance communautaire. Il ne faut pas oublier que le système capitaliste est avant tout un mode de production. Ce mode de production est le produit de la lutte des classes et le producteur des antagonismes de classes. Il faut donc dire que les rapports de productions correspondent à un degré donné du développement des forces productives matérielles, et que l’ensemble de ces rapports forment la structure économique. C’est parce que la fonction PRODUCTIVE des travailleurs salariés émane du développement de la division du travail, produit historique du capitalisme, que nous existons en tant que classe objective. C’est parce que nous nous organisons en tant que travailleurs salariés que nous sommes à même de décider des enjeux et de la stratégie (de la plus révolutionnaire à la plus réformiste) que nous nous constituons en classe « pour soi ».

    Il ne suffit donc pas de constater que la classe ouvrière est divisée sous plusieurs etandards pour dire que l’unité de la classe n’existe que lors du grand soir. Il ne suffit donc pas de constater la dérive des organisations ouvrières au cours l’histoire pour en déduire que la classe ouvrière organisée n’a pour seule finalité que de s’ériger en classe dominante et non de supprimer les classes. Celà reviendrait à se méfier de la classe ouvrière elle-même.

    1. Comme tu le cites, nous tentons d’établir une stratégie menant au communisme. Comme nous l’indiquons, nous tentons de l’établir, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire: nous n’avons pas (encore) de stratégie, mais des pistes, des perspectives.

      Sur ce sujet, celui de la stratégie, on peut dire que définir une stratégie, c’est aussi clarifier des oppositions: a quoi sommes nous opposés? Nous sommes opposés à la gestion, aux multiples formes de gestions, directement pro-capitalistes ou dites « alternatives », du capital.
      Nous constatons l’émergence d’un pôle réformiste, démocrates, qui se développe et peut a terme être le visage de notre défaite: la victoire de la (contre)révolution citoyenne et gestionnaire.
      Face à cela nous nous opposons au marché, au capital, et disons que le communisme n’est pas qu’un but, mais aussi un moyen:
       » Dans l’affrontement entre le prolétariat et le capital, nous préconisons l’asphyxie de l’adversaire et laissons les capitalistes faire joujou avec leur monnaie et leur or devenus inutiles si la société ne leur donne plus de sens. »

      Sur ce que tu dit a propos de la revue SIC, c’est à ses rédacteurs que tu dois t’adresser car à tantquil on ne fait pas partie de SIC, bien qu’ils soient des camarades.
      Mais sur la méthode: lorsqu’on cite une revue, on ne peut se contenter de citer quelques phrases hors contextes, sans même préciser le texte d’où elles sont tirées dans la revue. C’est un peu trop léger.

      Sur le fond, je suis d’accord avec ton analyse de Marx. En effet, Marx ,et cela est repris et popularisé par Boukharine, parlait de classe en soi/pour soi, dans misère de la philosophie.
      – Ici pour être exact:
      http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615k.htm)
      – Repris par boukharine ici:
      http://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1921/nbsocio_54.htm

      Pour autant, je crois que l’époque ou le prolétariat se levait pour contester la gestion de la société aux capitalistes, et la leur prendre des mains, « se constituer en classe pour soi » est finie.
      Que cette position politique était la dynamique de la lutte des classes dans la période précédente, en effet, mais qu’elle en constituait aussi la limite.
      Pour dire les choses autrement: le discours visant a opposer la rationalité du travail au capital, a été un moment de la lutte des classes.
      Marx, qui pour le coup savait que les conditions du communisme n’était pas réunies, faisait le pari que la révolution pouvait avoir lieu avant: et donc que ce serait aux prolos de constituer ces conditions.
      Il appelait ça le communisme « inférieur » (dans sa critique du programme de gotha).
      Lénine et surtout ses auto-proclamés continuateurs ont appelés ça « socialisme » (chez Lénine, c’est un peu plus compliqué, mais c’est pas le débat)
      Ça s’est pas passé comme ça, bien qu’ a l’époque, c’était un pari légitime.
      Le capital a intégré sa « rationalisation », le « socialisme » et en particulier le programme du parti qui l’avait le plus théorisé, le grand SPD allemand leader de la 2e internationale, a été repris contre les prolos.
      C’est ce qu’indique d’ailleurs le théoricien des conseils Pannekoek dans son super bouquin  » les conseils ouvriers »: le programme du SPD a été appliqué contre les ouvriers.
      En gros, oui on a augmenté l’intervention de l’état, supprimé/règlement les dividendes, organisé les investissements, bref « discipliné les capitalistes » etc. Mais pour la survie même du capital.

      Aujourd’hui, l’heure n’est plus a prendre en main le capital. L’heure est a l’abolir, a former le mouvement qui abolit l’ordre social existant. Cela reste a explorer. Dans une critique radicale de toute dérive communautaire, que tu a raison de critiquer.
      Car pour finir, si la conscience d’être des prolos aujourd’hui sous le capital est en effet subjective, notre perspective n’est pas la construction d’une communauté des prolos, mais plutôt l’abolition des classes.
      Et on ne se méfie pas spécialement de la classe ouvre-bière, comme disait l’autre. Heureusement, elle n’a pas pour seule finalité celle de s’ériger en classe dominante: en revanche, certains ont eu intérêt a dire aux prolos qu’ils étaient devenus la classe dominante, et que donc ils pouvaient retourner bosser. Et ça aussi on s’en souvient.

  4. Je vais essayer de faire court pour ne pas monopoliser le forum.

    Votre réponse sur la stratégie est honnête et n’est en aucune façon critiquable. Mais avant d’expliciter mon commentaire je voulais vous répondre sur quelques détails.

    Vous m’avez répondu votre indépendance vis à vis de SIC, le tort est pour moi de vous avoir intégré à ma réponse. Je tiens à dire aussi que les phrases qui ont été copiées sont hélas trop courtes car je voulais éviter que mon commentaire soit interminable. Les phrases en question sont tirées du « qu’est-ce que la communisation » de la revue (SIC) que vous mettez en lien. J’ajoute néanmoins que vous dites vous même « au sein du courant communiste auquel nous nous rattachons, que l’on appelle par ailleurs libertaire, communisateur, anarcho-communiste ou autre ». Il n’est donc pas question de débattre « pancartes » mais bien du fond car les courants cités eux, proposent par contre des stratégies. Notamment sur les questions de la localisation du débat, de l’analyse et de l’intervention militante en générale.

    Ce que je veux souligner s’illustre en partie lorsque vous parlez de « communisme comme un moyen » (réponse de Rataxes) et que vous considérez le communisme comme « l’abolition de la propriété privée, du salariat, de l’État et de la valeur »:
    Sommes nous bien d’accord que nous voulons abolir, non pas la propriété privée mais la propriété privée des moyens de productions ? Car si ce n’est pas le cas, préconisez-vous, comme moyen, la mise en commun de vos biens ?
    Ensuite, votre volonté « d’abolir la valeur » me dépasse quelques peu. Puisque nous parlons de Marxisme, nous connaissons la théorie de la valeur. La valeur d’échange défini par l’organisation capitaliste du travail est donc bien différente de la valeur d’usage, qui elle ne peut être détruite. Une graine, un fruit, un bâton auront toujours une valeur d’usage (petite ou grande) et il en est de même pour toutes les productions humaines quels que soient l’organisation du travail. Valeur subjectif certes mais valeur quand même:

    Je m’interroge donc si vous voulez transformez la société en tenant compte que vos aspirations mêmes émanent des conditions qui les ont crées: la classe dominée veux l’abolition de la domination: la société sans classe. La domination de notre époque, est une exploitation basée sur la propriété privée des moyens de productions et sur le salariat. Auquel nous ne pouvons répondre (et c’est là peut être notre point de désacord) que par la mise en commun des moyens de productions et l’abolition du salariat.

    J’ajoute que dans la réponse de Rataxes il m’est répondu « Pour autant, je crois que l’époque où le prolétariat se levait pour contester la gestion de la société aux capitalistes, et la leur prendre des mains, « se constituer en classe pour soi » est finie ».
    Faut-il vraiment croire que le mouvement ouvrier ne s’est battu que pour contester la gestion de la société sans jamais soulever la question des rapports d’exploitation, c’est à dire contester non pas la GESTION mais la POSSESSION ?
    Ensuite dire que la constitution en classe pour soi est terminée n’a en revanche pas de sens puisque des masses de travailleurs s’organisent en tant que prolétariat. Qu’est ce que d’ailleurs les luttes syndicales de bases? des prolos qui, comme je l’ai, dit prennent conscience, qui s’organisent, qui agissent… qui se constitue en classe… pour soi. Le fait
    qu’ils se structurent d’une manière qui ne vous ou qui ne me conviennent pas c’est une chose mais ne serait-ce pas plutôt les structures « d’encadrement » et les vices réformistes qui sont déversées dans la classe ouvrière qu’il faut dénoncer plutôt que s’attarder dans la négation de l’existence de la « conscience de classe »?

    Pour terminer je dirais que j’essaye de garder ma vision du Communisme conforme à celle de Marx lorsqu’il commente La Commune dans l’Adresse du conseil général de l’A.I.T. paru le 13 juin 1871:
    […] « La Commune entendait abolir cette propriété de classe, qui fait du travail du grand nombre la richesse de quelques-uns. Elle visait à l’expropriation des expropriateurs. Elle voulait faire de la propriété individuelle une réalité, en transformant les moyens de production, la terre et le capital, aujourd’hui essentiellement moyens d’asservissement et d’exploitation du travail, en simples instruments d’un travail libre et associé.
    Mais c’est du communisme, c’est « l’impossible » communisme! […] »

    Je tiens quand même à dire que les articles sont intéressants et assez juste dans l’analyse.

  5. Chers camarades,
    je ne vous connais pas mais vous êtes des camarades : nous partageons la même condition de prolétaires (et de toute évidence nous appartenons à cette couche de prolétaires intellectualisés, probablement des trimardeurs de l’enseignement et/ou de la « culture ») ; nous partageons la même détestation du capitalisme, de l’exploitation, de la crétinisation généralisée produite par ce système ; nous partageons visiblement une même histoire politique : en gros, « l’ultra-gauche » antiléniniste, dont le spectre va du communisme de conseils au communisme libertaire en passant par toutes les facettes du kaléidoscope produit par ce courant multiforme ; nous partageons la même analyse quant aux illusions keynésiennes, au rôle de l’Etat, au refus de toute gestion de l’existant.
    Pour autant… je ne peux m’empêcher de penser que l’ensemble du courant communisateur se réfugie dans une vision idéaliste du communisme. Partant de l’échec patent du mouvement ouvrier il en déduit que toutes les luttes du passé relevaient de ce qu’il nomme le « programmatisme », évacuant ainsi d’un trait de plume toutes les tentatives de transcroissance vers le communisme. La cause semble désormais entendue : le prolétariat n’est que le capital variable. Et donc, toutes ses luttes passent sous la toise commode du programmatisme.
    Ne reste plus qu’une invocation quasi religieuse de la communisation, une sorte d’épiphanie de ce que l’on n’ose plus nommer le prolétariat, qui abolirait tout (on ne sait plus très bien pourquoi ni surtout comment) du jour au lendemain. A la lecture des textes communisateurs, si pertinents dans la critique de ce qui est nommé « réformisme radical », on se demande quel lien peut exister entre un présent porteur de toutes les tares et un futur paré de toutes les lumières. Comme si les prolétaires, le jour du Grand Soir (car c’est bien de cela qu’il s’agit) n’avaient plus besoin de manger, de se vêtir, de se loger, de se déplacer, de se défendre. Comme si ces prolétaires en situation d’abolir le capital, n’étaient pas les mêmes, qui, la veille, bossaient dans les bureaux et les ateliers ou tenaient les murs de leurs cités en touchant le RSA. Comme si ces prolétaires, pris un par un, et cette classe quasi universelle du prolétariat, n’étaient pas dès aujourd’hui pris dans un tissu serré de contradictions où s’affrontent, jusque dans chaque conscience ou inconscience individuelle, les deux facettes de leur être : l’en soi et le pour soi.

    La communisation comme Deus ex Machina d’une Histoire réduite à la simple victoire du capital ?

    En tout cas, la position a quelque chose de commode : elle permet de ne rien faire et d’attendre les jours meilleurs (c’est très net dans la revue Plus loin de Gilles Dauvé), ou bien de théoriser ad libitum sur les cycles de luttes auxquelles on ne participe pas (Théorie communiste et maintenant SIC). De toute façon, il semble même que pour certains de nos communisateurs, la simple distribution de tracts relève de l’activisme gauchiste. La célèbre « contrainte historique » se chargera certainement de transmuter le prolétariat comme classe du capital en tornade vengeresse qui abolira tout et son contraire en s’abolissant lui-même.

    1. Une réponse, bien qu’avec beaucoup de retard…
      Je te cite:
      « Partant de l’échec patent du mouvement ouvrier il en déduit que toutes les luttes du passé relevaient de ce qu’il nomme le « programmatisme », évacuant ainsi d’un trait de plume toutes les tentatives de transcroissance vers le communisme. La cause semble désormais entendue : le prolétariat n’est que le capital variable. Et donc, toutes ses luttes passent sous la toise commode du programmatisme. »

      Pas d’accord: Diviser l’histoire en période à un autre objectif que celui d’évacuer d’un trait de plume des tentatives passées:
      Il s’agit plutôt de comprendre ce qui fait que ces tentatives, et les théories qui leur sont associée (comme le Conseillisme, ou le Syndicalisme Révolutionnaire) ne sont plus opérantes, ne « marchent pas  » aujourd’hui.
      « Si si », disent les (néo)SR ou (néo)conseillistes , « c’est toujours pareil, on a juste perdu la dernière fois, cette fois ci on peut gagner.  »

      Le problème, c’est que la réalité ne colle pas. Il n’y a ni grand syndicat révolutionnaire ni « Parti » de la classe: tout ça n’existe plus.

      Et on peut faire un pas de plus: les tentatives de reconstruire le parti de la classe ( PC maoiste, trotskiste ou autre) ne lui donnent pas naissance mais crée plutôt des petits groupes paumés, ou des partis gestionnaire démocratiques du capital, pour qui la révolution communiste est impensable, car leur horizon s’arrête a la suppression de la finance, a des « mesures d’urgence » keynésienne, etc.
      Idem chez les SR: l’activisme dans la CGT de certains camarades , loin de (re)créer la CGT 1906 (non c’est pas une marque de bière ou de jean) ne font que (au demeurant œuvre utile) au mieux dynamiser telle union locale, loin, bien loin d’envisager le syndicat comme organisateur potentiel de la société, tandis qu’à la direction le bal des crabes continue.
      Bref, si certains pensent le réel avec ce qui nous sembles les concepts du passé, nous nous voulons comprendre c’est quoi ce bordel.
      Et, partant des constats fait plus haut, se pose la question de notre activité. Et là dessus, on a pas de réponses toute faites.
      Comme on le dit dans le qui sommes nous, plus haut:
      Toutefois, nous sommes loin de préconiser l’immobilisme, nous tentons d’établir une stratégie conduisant au communisme

      Et si on fait ce site, et qu’on se fait chier pour tenter de le rendre le plus accessible possible, c’est justement pour en discuter largement, en dépassant les « milieux bien informés » comme disait Coluche.
      Allez a plus

  6. J’ai rien aimé votre article sur Keynes…J’espère qu’il y en aura d’autres sur le traité d’austérité et sur le « déficit structurel » très difficile à comprendre pour les ploucs… J’espère qu’il y a des femmes dans votre collectif parce que l’exploitation capitaliste (travail domestique, salaires plus bas…) profite aussi du patriarcat et ça mériterait d’ être pris en compte.

    1. Tu as tout a fait raison et ça fait un bail que des articles sur le sujet ( travail domestique par ex) sont au programme… Ils finiront par sortir!

  7. Pourriez-vous avoir l’obligeance de citer une occasion, dans l’Histoire, où le communisme a fonctionné, ne ce serait ce que d’un point de vue économique?
    Dans TOUS LES CAS, les tentatives d’appliquer cette utopie ont conduit à des dictatures terrifiantes. Elles ont entraîné des millions de morts, plongé des peuples dans la misère et la souffrance, détruit durablement l’économie de continents entiers, mené le monde au bord holocauste nucléaire.
    Aujourd’hui encore, la Chine, la Corée du Nord et tous les pays communistes continuent à opprimer leurs peuples, espionnant et contrôlant internet, emprisonnant les opposants politique, s’opposant au pluralisme politique, employant systématiquement des rhétoriques guerrières et niant des valeurs aussi fondamentales que la démocratie, la liberté et les droits de l’Homme.

  8. @ Laurent F l’histoire avec un grand H ça fait flipper c’est comme l’histoire qu’on enseigne à l’école ou l’unif… A ce propos je pense que tu en es encore contaminé lorqsue tu parles « des valeurs fondamentales » comme « les droits de l’Homme, la liberté ou la démocratie ». Je te conseil vivement de lire « critique des droits de l’homme et du citoyen » http://infokiosques.net/spip.php?article408 de K. Marx. Concernant le communisme, tu confonds là capitalisme d’Etat et communisme surtout à propos de la Corée du Nord, la Chine, on peut citer aussi Cuba ou le Venezuela. A l’opposée, le communisme signifie avant tout une société sans classe, sans Etat, sans salariat et donc sans exploitation ce qui est loin d’être le cas actuellement où que ce soit dans le monde et si c’était le cas le communisme se vivrait mondialement car il y aurait ni nation ni frontière qui sont des constructions propres à une société de classe et à la bourgeoisie en particulier

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