Perte du AAA français : Sur les agences de notation et leur, soit disant, “prophéties auto-réalisatrices”.

Comme prévu depuis plusieurs mois, Standard & Poor’s a passé la France sous surveillance négative et menacé de baisser sa note de deux crans. En clair pour l’État cela voudrait dire une augmentation des intérêts sur leurs emprunts de 1 à 1,5% c’est à dire presque 4 milliards de plus à rembourser par ans. La plus grosse conséquence serait pour les marchés qui accuserait le coup et pousserait, encore plus, vers la récession.

Du coup l’Allemagne, passée également sous surveillance négative, monte au créneau, accuse la France de vivre au dessus de ses moyens et la pousse à prendre rapidement de nouvelles mesures d’austérité radicales.
Alors que la trêve pré-électorales des réformes impopulaires est traditionnellement en vigueur à cette période, les marchés ne pourront pas attendre jusqu’au mois de mai prochain pour de nouvelles mesures.
Il est certains que d’autre réformes de rigueur seront rapidement appliquées. Elles seront probablement justifiée médiatiquement en pointant du doigt les “méchantes” agences de notation qui oblige les “gentils” États à l’austérité.
Bien sûr les agences de notations n’ont rien à voir là dedans, elles ne font que noter les tendances et fonctionnement du système capitaliste. Elles sont des produits du système qu’elle note et ne sont pas responsable du fonctionnement du Capital.
Évidemment lorsqu’elles baissent une note sur des obligations d’États, les taux d’emprunts s’envolent et les médias sont prompt à dénoncer le pouvoir de leur notation provoquant ce qu’ils appellent des “prophéties auto-réalisatrices”.

Du coup, en bon démagogues, les politicards de droite et de gauche appellent, à corps et à cris, à la création d’agences de notation européenne.
Faire mentir les agences ne sauvera pas le capitalisme de ses crises systémiques : Avant la crise de 2008, les sub-primes (prêts hypothécaires à risques) sont demeurés notés AAA jusqu’à leur crash, par les trois agences de notations américaines.
C’est tout le problème aujourd’hui pour S&P, Fitch et Moody’s qui jouent leur crédibilité au quotidien et ne sont plus en capacité de cacher trop longtemps l’état dans lequel se trouve actuellement le système capitaliste.
On voit même que Dagong (agence de notation chinoise) qui n’a pas les même considérations et influences sur l’économie des états occidentaux à dévalué, la notation de la France hier à A+, soit 4 notes en dessous de la note maximale. Les conséquences sont moindre étant donnée que la chine prête peu à l’État français.

Supprimer, encadrer, ou forcer les agences de notation à mentir ne changera rien à l’accentuation de la crise économique qui risque de se transformer en crise de la monnaie, faire ainsi exploser l’inflation et précariser nos conditions de vie à niveau peu imaginable. Ce n’est pas en tirant sur le messager qu’ils sauverons leur système à l’agonie.